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LIBRAIRIE MOTS ET CIE

UNE AUTEURE QUE NOUS AIMONS...

19 Avril 2020 , Rédigé par le libraire Publié dans #RENTREE LITTERAIRE 2020

CECILE COULON

Cécile Coulon, romancière, nouvelliste et poétesse française.

 

Voilà ce que Cécile Coulon a écrit récemment sur sa page Facebook à propos du confinement (nous publions avec son autorisation !)

 

« J’aimerais qu’on remplace la météo des plages par la météo des pages en cette période de confinement : aujourd’hui sur la côte Flaubert la température monte dans le fiacre de Madame Bovary tandis que sous les tropiques Paul et Virginie suent des barriques en pleine canicule. Du côté de chez Swann on n’oublie pas sa petite laine en sortant faire les courses à Combray. Enfin, le vent souffle sur la Bretagne armoricaine où j’ai laissé ma femme mon fils et mon domaine. »

 

Ou encore

CE QU’IL NE FAUT PAS DIRE

Que la vie d’il y a un mois
me semble loin d’une année.
Que le luxe d’un appartement
ne protège pas des sombres pensées
et des journées entières
à se demander si il y aura
des journées entières
à s’occuper d’enfants
qui seront là mais que je n’aurais
pas portés.

Que le baiser d’il y a six mois
me semble loin d’une décennie.
Que chaque parole doit à présent
être pesée : si elle semble trop lourde
on la garde en soi pour ne pas
creuser le fossé qui nous sépare
de ceux qui vivent et travaillent
pour de vrai.
Ce "pour de vrai" fut entendu mille fois
pendant les dîners, aux rencontres
dans les bars, « quel est ton travail
pour de vrai » et nous nous pensions
blessés à chaque nouvelle question.
Aujourd’hui les blessés le sont pour de vrai.
Ceux qui sont dehors le sont pour de vrai.
Et nos pauvres chansons, nos pauvres romans
ne soignent rien : ils empêchent un peu
de pleurer.

Que l’amour de l’année dernière
me semble loin d’une vie.
Que ses odeurs et ses promesses
ont chuté dans la réalité
comme un soldat renversé par sa monture.
Ce soir, même si j’ouvre grand ma blessure
tu détournes les yeux pour ne pas la voir saigner.

Que le soleil nargue, que les mauvais raffolent
des peurs qui fleurissent sous les toits des
maisons basses.
Nous continuons de submerger, ailleurs que dans la rue,
des terrains virtuels parce que nous ne savons
plus
ce que cela signifie : n’occuper que sa place.

Que rien ne changera mais que cela réchauffe
d’y croire tant que nous n’avons pas à choisir.
Que je me lève le matin en pensant à tes mots
qui me portent au-delà du malheur :
« je rêve aux rêves que tu fais de moi ». Tu as
pioché dans mon âme une longue galerie
qui s’ouvre sur mon cœur.

Que toute chose est vouée à finir.
Je peine à garder dans ma gorge
ce qu'il ne faut pas dire.

 

Cécile Coulon est une fidèle invitée de La petite  librairie (Mots et Cie !!)  depuis son premier roman. Nous l’avons reçue notamment pour «Le cœur du pélican» puis « Le rire du grand blessé » et maintenant c’est la Grande librairie qui la reçoit, nous en sommes très fiers !!

 

Cécile Coulon a déjà écrit une dizaine de livres dont six romans. « Une bête au Paradis » a reçu le Prix littéraire Le Monde 2019. Un conte  très noir où elle illustre l’attachement viscéral de Blanche à sa campagne, son "Paradis". Un roman tragique et hypnotique, sur la rudesse du monde et la noirceur de l'âme humaine.

 

 Son premier recueil de poésie, Les Ronces (Le Castor Astral), a reçu le prestigieux Prix Apollinaire.

 

Autres titres de l’auteur :

 

 

TROIS SAISONS D’ORAGE

(Viviane Hamy)

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. Un roman ancré dans la terre, puissant, habité par des personnages riches, écorchés et au fort caractère que l'on suit durant trois générations. Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection : la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l’homme et la nature.

« Trois saisons d'orage » a reçu le prix des libraires 2017

 

 

LE ROI N’A PAS SOMMEIL

(Viviane Hamy)

 

Chronique familiale, ce roman raconte le destin tragique d'un enfant maudit : Thomas Hogan, originaire du petit village de Haven, un village où tout le monde se connaît.
Ayant perdu son père très jeune et ayant vite compris que sa mère, Mary, n'avait pas été heureuse, Thomas resta longtemps un jeune enfant frêle et fragile mais néanmoins assez doué en classe jusqu'au jour où...
Un conte dont le charme poétique opère irrémédiablement sur le lecteur

 

 

 

LE RIRE DU GRAND BLESSÉ

(Viviane Hamy)

Imaginez un monde où nos lectures seraient imposées, standardisées,  rationalisés par des fonctionnaires plumitifs au cahier des charges d'écriture au kilomètre....où des grandes messes de lecture collective, outils idéologiques de manipulation, déchaineraient des instincts primaires, avec service d'ordre musclé à neurone unique.

 Un conte philosophique concis, froid  où la société muselle la pensée par le divertissement et désigne la littérature comme ennemi public n°1.

Heureusement, la révolte couve...

 

 

LES GRANDES VILLES N’EXISTENT PAS

(Points)

 

L’auteure raconte son  enfance et son adolescence dans un village du Centre de la France, bâti autour d'une église et entouré de montagnes et de volcans. Là où l'on vit dehors la plupart du temps, dans un espace restreint, limité par le manque de moyens de circulation. Là où tout le monde vous connaît, où vous ne pouvez échapper à aucun regard ni proférer aucun mensonge… une "cage sans barreaux", dans des lieux privilégiés, à l'abri de la contrainte et de la peur. On est bien loin de l'anonymat des grandes villes et de leur offre pléthorique en matière de loisirs et de consommation.

Un témoignage prenant, un portrait dans lequel de nombreux lecteurs se reconnaîtront.

 

POESIE

 

NOIR VOLCAN

(Castor Astral)

 

Utilisant comme inspiration la nature, l'amour et les scènes de la vie quotidienne, la poétesse nous touche à chaque vers.  « Noir volcan » est un recueil de poésie affranchie, libératrice, terrienne. Il fait partie d’un étonnant renouveau de la poésie.

 

 

 

 

 

 

Extrait:

 

PERDRE

Je n'ai rien perdu.
J'ai eu des jours sans argent,
des jours sans amours, des jours
sans douceur, des jours d'une violence
inimaginable,
malgré cela je suis certaine de n'avoir
rien perdu.
Ni la sensation des douleurs profondes,
ni celle des joies entières.

Je n'ai rien perdu.
J'ai eu des jours sans caresse,
des jours sans paroles,
des jours sans la bonne santé
qui est généralement celle de la jeunesse,
des jours où la paupière ne se hisse plus
sur le paysage d'une chambre vide.
Mon regard était cassé.
Pourtant la fenêtre restait ouverte.
Les cloches sonnaient et le noir de la vallée m'apaisait.

 

 

 

 

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