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LIBRAIRIE MOTS ET CIE

Le rapport de Brodeck

9 Novembre 2007 , Rédigé par Le libraire Publié dans #LES VALEURS SÛRES

               LE RAPPORT DE BRODECK     

 

 

                                    Philippe Claudel

                                                       (Stock)     

 

«  Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien »

D’emblée le ton est donné, le livre est placé sous le signe de la culpabilité et les non-dits cachent toujours le pire.

   L’histoire se déroule à partir d’un fait divers : quelque part dans un village à l’est de l’Europe un homme est assassiné.

   Rescapé des camps Brodeck aspire au repos de l’âme, son travail consiste à écrire de brèves notices sur l’état da la flore et de la faune, du climat pour l’administration, c’est la raison pour laquelle le maire lui demande de faire un rapport des faits, Brodeck, consciencieux à l’extrême ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il fouille dans les secrets des uns et des autres pour retrouver la vérité même si elle n’est pas bonne à dire. Il raconte comment ‘l’anderer’( l’autre), cet homme riche est arrivé au village et comment devenu le miroir de cette petite société qui ne supporte ni le reflet de sa conscience, ni la culpabilité de ses crimes passés, il était important qu’on l’élimine.

  Brodeck fait défiler les personnages, multiplie les ruptures narratives, remonte le temps mais jamais ne s’égare. Au fil des chapitres l’horreur s’accentue et on est submergé par un sentiment de malaise devant l’absurde, l’abject et le cruel.

    Avis du libraire : C’est un roman que l’on vit avec ses tripes. Fascinant de bout en bout. Mais au fait ce village sans nom ne serait-il pas le monde ?

    

 

 

 

 

 

 EXTRAITS

"...au camp j'ai été pendant de longs mois le Sheizeman "l'homme merde". Mon rôle consistait à vider les latrines au-dessus desquelles les ventres de plus de mille prisonniers se soulageaient plusieurs fois par jour...

"Les premières fois je me souviens d'avoir vomi toutes les tripes de mon corps et le peu qu'elles contenaient. Puis je me suis habitué. On s'habitue à tout. Il y a pire que l'odeur de la merde. Il y a quantité de choses qui ne sentent rien mais qui carient les sens, le coeur et l'âme plus sûrement que tous les excréments"

 

 

 

 

 

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"J'ai relu tantôt mon récit depuis le début. je ne parle pas du rapport officiel, je parle de toute cette confession . Cela manque d'ordre, je pars dans tous les sens. Mais je n'ai pas à me justifier.

Les mots viennent dans mon cerveau comme la limaille de fer sur l'aimant, et je les verse sur la page sans plus me soucier de quoi que ce soit. Si mon récit ressemble à un corps monstrueux, c'est parce qu'il est à l'image de ma vie, que je n'ai pu contenir et qui va à vau-l'eau"

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"L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engrassent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager"

 

 

 

 

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