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LIBRAIRIE MOTS ET CIE

Nous sommes tous des playmobiles

12 Décembre 2007 , Rédigé par Le libraire Publié dans #LES VALEURS SÛRES

                  NOUS SOMMES TOUS DES PLAYMOBILES

 

                         Nicolas Ancion

 

                                             (Le Grand Miroir)

 

 Ce livre est un recueil de 10 nouvelles merveilleusement ficelées qui se situent toutes à Bruxelles et sont ancrées dans la réalité belge. Pourtant ne sommes-nous pas tous ces petits bonshommes colorés qui s’agitent, dérisoires et vains, dans leur ville de plastique ?

 Il y a ces deux jeunes anarchistes qui kidnappent un académicien français un peu trop féru de grammaire pour leur goût et qui le forcent à admettre sous la torture qu’on peut employer le conditionnel avec ‘si’ et l’indicatif avec’ après que’… si on en a envie. Il y a cet ex-détenu engagé chez un éditeur pour emballer des livres de poésie tellement nuls qu’il décide de les gribouiller d’inscriptions vengeresses. Il y a encore ce vieux solitaire qui ne rêve que de voir la charmante serveuse du café qu’il fréquente quotidiennement s’intéresser un peu à lui et à son modeste secret. Il y a cet homme qui choisit une opportunité sordide pour changer le cours de sa vie conjugale.

 Chaque nouvelle, habilement construite, écrite dans une langue pleine de verve et de cocasserie (« Cynthia… qui passait plus de temps sous le banc solaire que sur les bancs scolaires »), émaillée de quelques figures de style savoureuses (« La matinée fila comme un bas de femme ») nous réserve son lot de surprises. Critique acerbe et drôle de notre société, ce livre cultive le goût de la provocation, du canular et de la dérision.

 Avis du libraire : Cynique, fantaisiste, jouissif…un vrai régal !

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 EXTRAITS

 

 

"Je le savais bien, moi, qu’il y a une justice qui veille au grain.

 Il faut juste lui laisser le temps. Et se tenir prêt à chaque instant. Parce qu’au moment où elle prend sa balance en main, la justice, il faut être là pour appuyer un grand coup sur le plateau, sans hésiter. Puisque la justice a les yeux bandés, il faut en profiter.  Il faut l’aider à faire son travail "

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"Si je vous confie un secret est-ce que vous êtes capable de le garder ?  Je veux dire de vraiment le garder rien que pour vous. De ne le partager avec personne…

 Je vous pose la question comme ça, directement, parce que moi, autant vous l’avouer tout de suite, je ne m’en sentirais pas capable du tout. Suffit qu’on me dise quelque chose d’intéressant, d’intime surtout pour que j’aille le répéter au premier venu. Ca me brûle la langue comme le sel sur la queue d’une limace. C’est plus fort que moi, faut que je partage "

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" Pour changer le monde…moi je le dis et je l’écris : il suffit de changer de chemise.

 Si je n’avais pas eu cette réunion importante ce jeudi-là avec les acheteurs de Carrefour, si je n’avais pas mis ma chemise bleu clair avec les fines lignes blanches, si je n’étais pas descendu  en vitesse manger un durum sauce samouraï, si je n’avais pas mordu aussi fort en plein milieu de la crêpe , si la viande d’agneau ne s’était pas dérobée sous la pression de mes dents, si l’un des morceaux n’était pas tombé pile sur ma cravate et s’il n’avait pas glissé vers la gauche, il n’aurait pas maculé en une traînée blanchâtre et huileuse, tout un pan de ma chemise. Et ma vie n’aurait pas basculé "

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"Oh ça allait déjà beaucoup mieux pour Fabian. Son cœur battait plus raisonnablement .Cynthia n’était plus que ce qu’elle aurait toujours dû être : une décolorée traitée à l’autobronzant, plus fréquentée qu’une bretelle d’autoroute qui passait plus de temps sous le banc solaire que sur les bancs scolaires . Fabian se jeta sur le sol, posa ses mains à plat sur la moquette, les pieds joints sur le rebord du lit et entama une série de cinq cents pompes pour se remettre en forme"

 

 

 

 

 

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